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PFNL

La sous-page "Produits Forestiers Non Ligneurs (PFNL)" présente les articles suivants :


Produits Forestiers Non Ligneux : La domestication, une solution pour éviter la rupture de la ressource.



Au nombre des ressources naturelles dont l’homme dispose généreusement, il y a les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL), longtemps appelés produits accessoires. Ce sont des Produits Forestiers Autres que le Bois (PFAB) qui désignent toute ressource biologique et tout service marchand, excepté l’arbre (le bois) qui est une ressource forestière ligneuse.

Pour dire simple, les PFNL sont des biens d’origine biologique autre que le bois, des produits aussi bien d’origine animale que végétale, au nombre desquels on peut citer des fruits, des légumes, des épices, du gibier et des plantes médicinales.

Ils jouent un rôle très important sur le plan alimentaire, médicinal et artisanal des communautés rurales et urbaines, contribuant ainsi d’une manière significative à l’économie des ménages, étant donné qu’ils constituent une source d’emplois et de revenus.

C’est ainsi  qu’il existe au Congo, au Ministère de l’Economie Forestière et du Développement Durable, la Direction de la Valorisation des Ressources Forestières (DVRF). Elle a sous sa tutelle deux services : le Service Industries du bois et le Service de la Valorisation des PFNL.

Au Congo, faute de sensibilisation, les produits forestiers non ligneux ne sont pas bien connus dans leur diversité par les populations, même s’il existe une stratégie nationale sur la base de laquelle le Congo doit assurer la valorisation des PFNL pour une meilleure connaissance et une gestion durable qui intègre le développement des capacités humaines. Ce qui implique l’amélioration des connaissances sur les PFNL d’une part, et d’autre part, la diffusion des cadres légaux et règlementaires ainsi que la promotion de ce secteur et le renforcement des capacités, sinon l’intégration de ce secteur sur les plans d’orientation politique et économique du pays.

D’où le devoir et la responsabilité de la Direction de la Valorisation des Ressources Forestières de sensibiliser et former les acteurs qui travaillent dans ce domaine.

De nos jours, le taux d’exploitation des PFNL au Congo est encore très faible au regard des statistiques, surtout que les populations y compris celles de l’hinterland ne mesurent pas à leur juste valeur, les vertus et les bénéfices que ces produits peuvent engranger. Mais avec le temps, on pourrait redouter leur exploitation abusive si le commun des mortels appréhende les bénéfices dont il peut en tirer. C’est pourquoi, il est important  de pouvoir domestiquer ces produits afin de les pérenniser et éviter leur rupture.

Signalons qu’une gamme de produits forestiers non ligneux l’est déjà. Il s’agit entre autres : des asperges (« ntinia » en dialecte kongo) dans le département du Pool, du gnetum («mfumbu» ou « coco » en langues congolaises) dans les départements du Kouilou, de la Cuvette et des Plateaux, des grewia coriacea (« nsuiteke en dialecte kongo », la cola (exportée timidement), la liane et le rotin utilisés dans la fabrication des meubles domestiques, l’afro styrax (ail sauvage) utilisé comme épice dans la cuisine, invrigia appelé dans le département de la Sangha « peke et payo», utilisé comme épaississant dans la cuisine, des marantacea (« biloria » et « matété » en dialecte Kongo qui sont des feuilles servant d’emballage et de  matériaux de construction au même titre que la paille).

Il faut avouer que les difficultés ne manquent pas dans la gestion des PFNL, notamment le manque des descentes des experts sur le terrain, l’absence des statistiques sur l’évolution des PFNL, le manque d’appuis aux projets et de renforcement des capacités des agents au niveau central et départemental. Les objectifs de la Direction de la Valorisation des Ressources Forestières en dépendent pour la vulgarisation et la pérennisation des PFNL au Congo.

 

                                                                                 Bonne Année MATOUMONA

Sources :   Mexan TABAKA, Directeur de la Valorisation des Ressources Forestières  et Huguette Flore NGOKABE, Chef de Service PFNL à la DVRF (Ministère de l’Economie Forestière et du Développement Durable).


Production des huiles essentielles : le CVPFNL se dote d'un deuxième distillateur



Le nouveau distillateur du CVPFNL

Quatre mois après l'acquisition du premier distillateur destiné à l'antenne de Louomo dans le département du Pool, œuvre de la société Mod service, le Centre de Valorisation des Produits Forestiers Non Ligneux (CVPFNL) vient de se doter d'un deuxième distillateur fabriqué par la même société.

 

La remise de ce deuxième distillateur, destiné cette fois ci à la direction du centre basée à Pointe Noire, s'est faite le 11 novembre 2015 à l'antenne de Brazzaville par M. Modeste MASSOUMOU, Responsable de la Société Mod service. C'est M. Georges MAPOLA qui a réceptionné ce matériel en sa qualité de Directeur du CFPVNL en présence de quelques agents des antennes de Louomo et de Brazzaville, le tout  sous la supervision de MM. David EMPARA et de Paul NDOMBI délégués du contrôle budgétaire.

D'une capacité de 3 000 litres, soit le triple du premier distillateur qui en a 1 000, ce deuxième distillateur peut recevoir en moyenne jusqu'à 800 kg. de matière végétale pour une extraction de 6 litres d'huile. Ce distillateur a été conçu en inox 3ème degré.

Comme le premier distillateur, ce deuxième a été conçu suivant le même modèle et la même composition à savoir : une chaudière dans le premier compartiment, un extracteur dans le deuxième, un réfrigérant dans le troisième et un ustencier dans le quatrième. Pour le Directeur du CVPFNL, M. Georges MAPOLA, ceci n'est qu'une variante. Il existe au moins trois variantes dans ce procédé de distillation des huiles essentielles. La citronnelle et l'eucalyptus citrodora restent pour le moment les espèces végétales utilisées dans la production des huiles essentielles a commenté M. Georges MAPOLA. En l'absence de toute séance d'essayage pour s'assurer du bon fonctionnement du matériel, MM. David EMPARA et Paul NDOMBI, intervenant dans le cadre de la certification du service fait, ont déclaré ne pas être en mesure de l'apprécier. Par conséquent, la signature du procès verbal de réception prévue ce jour là n'a pu eu lieu. C'est finalement à la direction du CVPFNL à Pointe Noire où une séance de démonstration est prévue que ce projet verbal sera signé dans les brefs délais a laissé entendre M. David EMPARA. 

 

Auteur : Bienvenu LOUZOLO


Notre avenir écologique : Volet Produits Forestiers Non Ligneux



Fruits comestibles de Grewiacoriacea communement appelé Tsui-téké

Forêt congolaise

Les forêts congolaises couvrent une superficie forestière d'environ 22,5 millions d'hectares ce qui représente plus de 60% du territoire national. Ces forêts qui font partie du bassin du Congo, possèdent une très grande diversité biologique ; aussi bien sur le plan floristique que faunique. Bien que la connaissance de ce patrimoine ne soit pas encore exhaustive, plusieurs études réalisées ont dénombré environ 6500 espèces végétales, 200 espèces de mammifères, plus de 700 espèces d'oiseaux, 45 espèces de reptiles et plus de 632 espèces d'insectes.

Ces forêts produisent de nombreux biens et services tels les ressources ligneuses (matériau bois, bois de service et bois d'énergie) et les ressources non ligneuses dont les usages sont très diversifiés. Il s'agit des produits utilisés comme nourriture ou additifs alimentaires (noix, champignons, fruits sauvages, feuilles légumes, herbes, épices, racines, graines comestibles, tubercules, condiments), des végétaux (fibres, lianes, fleurs), et leurs extraits (raphia, liège), plantes artisanales (bambous, rotins), des plantes aromatiques (huiles essentielles), des animaux ou microfaune (gibier, escargots, larves, chenilles, abeilles) et leurs produits dérivés (miel, cire ,soie), les sèves ( boissons d'Elaeis et du raphia), plantes médicinales et plantes ornementales, etc.

La mise en valeur de cette diversité biologique, est particulièrement focalisée sur la valorisation des ressources ligneuses tant du point de vue de leur gestion que de leur aménagement au détriment des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) dont le fonctionnement du secteur reste très mal organisé. L'essentiel des produits tirés de ces forêts faisant l'objet des filières à caractère informel d'un bout à l'autre de la chaîne, de la récolte à la commercialisation.

En plus, nous ne disposons que des informations très parsemées du point de vue de leur méthode de récolte, des niveaux de production, des différents moyens de transport, des techniques de conditionnement et des paramètres de commercialisation.

Au point que l'absence criarde et fiable de ces différentes données limite plus ou moins une bonne connaissance de cette ressource dont la gamme est très variée et diverse.

Bien que nous notions dans plusieurs zones,une pression anthropique très forte exercée sur certains produits occasionnant leur surexploitation au point de menacer leur viabilité ou de contribuer irréversiblement à la dégradation de l'habitat, posant des problèmes tant d'ordre écologique que biologique.

Politique de gestion durable des forêts

Depuis l'année 2012, notre pays le Congo s'est engagé dans un processus de révision de son Code forestier. Cette dynamique vise le renforcement et l'amélioration du cadre juridique et institutionnel régissant la gestion durable de nos ressources forestières en général et du secteur des PFNL en particulier.

La loi n°16-2000 du 20 novembre 2000 portant code forestier et le décret 437-2002 du 31 décembre 2002 actuellement en vigueur, fixe les conditions de gestion et d'utilisation des forêts t.Bien que comportant de nombreuses insuffisances relevés ici et là, ils offrent néanmoins un cadre juridique approprié pour assurer une gestion durable des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL).

Nous relèveront que dans le cadre de la présente loi, la prise en compte de l'ensemble des éléments biologiques de la forêt, parmi lesquels figurent en bonne place les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) dont l'exploitation et la commercialisation se font dans les limites prévues par la loi.

L'un des chapitres du décret 437-2002 consacré particulièrement aux PFNL définit leur utilisation et prévoit les dispositions réglementaires qui mettent en œuvre des programmes qui visent entre autres à : 

  • leur inventaire, aux fins d'améliorer leurs connaissances ;
  • leur recensement sur les utilisations actuelles et potentielles ;
  • l'étude des méthodes de leur exploitation, transformation et conditionnement ;
  • la promotion de la consommation des produits ;
  • la formulation des mesures de conservation pour les produits menacés de disparition. 

Ces mesures peuvent visent un ou plusieurs produits à la fois et se rapporter notamment à : 

  • la limitation  des prélèvements ;
  • l'interdiction de certaines méthodes ou zones de récolte ;
  • la domestication et la création de collections vivantes. 

Les mesures ci-dessus énumérés sont prises de concert avec les communautés concernées.

Bien que les PFNL constituent une nouvelle donne, leur mode de gestion est prise en compte tant dans les politiques sectorielles que sous régionales du gouvernement.C'est ainsi que dans le cadre de la mise en œuvre des plans d'aménagement, un accent particulier est mis sur les inventaires multi ressources qui incluent les PFNL. Depuis Août 2008, notre pays dispose d'une Stratégie Nationale et Plan d'Actions National pour le développement du secteur des PFNL (SNPA).

Sur le plan institutionnel, depuis 1998, il est crée au sein du ministère en charge des forêts une Direction de la Valorisation des Ressources forestières (DVRF), chargée entre autres notamment de concevoir et promouvoir les stratégies de mise en œuvre de la politique de valorisation des PFNL et comptant en son sein un Service de la Valorisation des PFNL (SVPFNL). Egalement, au niveau de chaque direction départementale de l'Economie Forestière, existe un Service de la Valorisation des Ressources Forestières (SVRF) chargé entre autres de gérer les questions relatives à la gestion durable des PFNL.

Le domaine des PFNL ayant un caractère transversal, il a été mis en place au sein de notre département ministériel en 2011, un Comité Consultatif National sur les PFNL (CCN-PFNL) regroupant plusieurs institutions publiques, la société civile, l'université, les ONG, les privés œuvrant dans le domaine des plantes alimentaires, médicinales ou utilitaires et les institutions de recherche. C'est un cadre de concertation et de réflexion mis en place pour les questions relatives aux PFNL.

Au niveau sous régional, les gouvernements des pays membres de la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) ont souscrit à la mise en œuvre de plusieurs projets sous-régionaux avec des programmes fédérateurs et intégrés, dans leur vision commune de promouvoir le secteur des PFNL et dans la perspective de leur gestion durable ainsi que de leur contribution à la sécurité alimentaire et au Droit d'Alimentation Adéquate (DAA).

Les projets GCP/RAF/398/GER (2005-2008) et GCP/RAF/441/GER (2009-2012) « Renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique Centrale à travers la gestion durable des PFNL » se sont inscrits dans cette dynamique.

Sur le plan constitutionnel, la COMIFAC constitue la réponse institutionnelle sous régionale la mieux adaptée,et dont la mise en œuvre du plan de convergence actuellement en pleine révision, constitue une plateforme commune d'actions prioritaires au niveau sous- régional et national.Ce Plan précise la vision commune de gestion des PFNL au niveau des axes stratégiques 2 et 5, dans les volets relatifs à la connaissance de la ressource d'une part et de sa valorisation durable d'autre part.

L'adoption des « Directives sous- régionales relatives à la gestion durable des produits forestiers non ligneux d'origine végétale en Afrique Centrale » en 2008 et dont leur prise en compte est effective au Congo à l'issue de la tenue de l'atelier de « validation des suggestions d'amélioration du cadre juridique et institutionnel régissant le secteur des Produits Forestiers Non ligneux (PFNL) » du 16 novembre 2012 au palais des congrès en est une autre illustration.

Malheureusement, cette orientation politique de gestion durable n'a pas eu les effets  escomptés sur le terrain car les populations rurales ou les acteurs au développement n'ont pas été suffisamment impliqués en vue de mener des actions coordonnées qui :

  • encouragent les activités de conservation et de gestion des ressources ;
  • incitent aux actions de préservation et d'amélioration constante de l'écosystème où la ressource est tirée.

De façon très pratique,la politique de cette gestion nécessite une implication effective et plus volontariste des acteurs administratifs et politiques envers les acteurs. En effet, la gestion durable des PFNL est confrontéeà plusieurs défis à relever et dont les contraintes et faiblesses sont les suivantes :

  • non maîtrise de l'état de la ressource ;
  • absence des données qualitatives et quantitatives ;
  • non maîtrise des zones de récolte et des circuits de commercialisation ;
  • non maîtrise des techniques d'extraction, de conditionnement et de transformation ;
  • absence des statistiques ;
  • caractère informel de l'activité ;
  • non implication des collectivités locales dan la gestion ;
  • inorganisation des acteurs de la filière ;
  • insuffisances des moyens matériels et financiers.

A terme les objectifs visés sont les suivants :

  • amélioration de la connaissance des PFNL ;
  • maîtrise des flux de production et de commercialisation ;
  • maîtrise des techniques d'extraction et de conditionnement ;
  • conservation des principaux PFNL à travers la domestication ;
  • maîtrise des statistiques et de la collecte de données ;
  • renforcement des capacités techniques et opérationnelles des administratifs ou agents de terrain et des acteurs au développement ;
  • passage du caractère informel au formel ;
  • gestion participative de la ressource ;
  • organisation des filières ;
  • renforcement des moyens opérationnels. 

Valorisation des PFNL



Feuilles utilisées pour l’emballage de la nourriture

Suivant la terminologie de la FAO adoptée en 1999, « Les PFNL sont des biens d'origine biologique autres que le bois, dérivés des forêts, des autres terres boisées, et des arbres hors forêt ». Les PFNL sont d'origine végétale et animale. Ils comprennent : les fruits sauvages (Gambeya spp., Grewiacoriacea, Clitandracymulosa, Aframomum spp., Landolphia sp. etc.), les noix (Cola spp), les condiments (Piper guineensis, Xylopiaaethiopica), les feuilles légumes (Gnetum spp., Trilepisiummadagascariensis… ), les feuilles utilisées pour l'emballage de la nourriture (Megaphryniumspp., sarcophryniumspp., Marantochloa…), les plantes artisanales (Eresmopathaspp., Lacoospermasecundiflorum…), les asperges (Dioscorealiebrechtsiana, Ancystrophyllumsecundiflorum), les sèves (Raphia spp., Elaeis guineensis…), les plantes médicinales (Mondiawithei, Hua gabonii, Pausinystalisyohimbe…), les dérivés animaux et micro faune (miel, cire, chenilles, larves, escargots, termites, insectes..) .

Les populations rurales congolaises ont une connaissance très approfondie des PFNL. Cette ressource a toujours joué un rôle important dans leur vie quotidienne depuis toujours en interviennent au niveau socio-économique et en leur offrant de nombreux biens et services, sur le plan alimentaire, artisanal, médicinal et autres. 

Ces produits sont exploités et commercialisés aussi bien sur les marchés nationaux que sous régionaux et internationaux. Aussi, ils constituent une source importante de revenus des populations rurales et contribuent à l'économie des ménages, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et à la création des emplois. Plusieurs PFNL ont une grande valeur économique ou marchande, tels : le Gnetum, les feuilles de marantacées, les rotins « Laccospermasecundiflorum » , les lianes « Eremopathaspp. », les asperges « Ancystophylllumsecundiflorum »et « Dioscorealiebrechtsiana », le Cola « Cola spp. », les chenilles « Imbrasiasp. », les boissons « Raphia spp. » et le miel.

La valorisation de plusieurs PFNL se font à travers leurs usages multiples bien que les méthodes de production tilisées soient artisanales mais sujettes d'amélioration.

Dans l'artisanat par exemple, les rotins « Lacoospermasecundiflorum » ou les lianes « Eresmopatha spp.» s'apprêtent à plusieurs transformations. Les caractéristiques propres à ces derniers et notamment leur légèreté, souplesse et durabilité offrent aux artisans la création de divers modèles difficiles à obtenir avec le bois.

Ces produits sont utilisés dans la fabrication des objets multiples en vannerie : meubles, corbeilles, paniers, chaises « bazebilamba », fauteuils, tables, hottes, etc.

Leurs usages interviennent dans les pratiques de la vie quotidienne dans les zones rurales : la construction des ponts en liane et des cases. Ces produits suscitent une attention croissante auprès des utilisateurs, non parce qu'ils constituent une importante ressource naturelle, mais une source de revenus énormes.

Etant donné que cette ressource s'amenuise ou se raréfie dans certaines contrées, telles : la Lékoumou, le Niari, la Bouenza et le Pool, pour cause de surexploitation, les instituts scientifiques de recherche devraient promouvoir son développement en ce qui concerne sa culture et son emploi.

Un autre PFNL qui suscite beaucoup d'intérêt est le palmier raphia. Au Congo, nous avons répertorié différentes espèces de raphia dont les principales sont : Raphia vinifera, Raphia sese, Raphia laurentïï et Raphiahookeri. Elles poussent généralement dans les zones marécageuses.

Les différents produits tirés du palmier raphia « Raphia spp. » sont impressionnants. Ils se présentent en plusieurs catégories : 

  • les larves de charançon présentes dans les troncs « Rynchophorusphoenicis » ;
  • les matériaux de construction, aliments pour animaux, engrais, médicaments et rituels ;
  • les feuilles sont utilisées dans la construction des cases comme tuile;
  • les fibres extraites des feuilles servent à confectionner les tissus en raphia ;
  • la sève tirée de ces différents palmiers raphia fournit du vin blanc localement appelé : « molengué » et « tsam-tsam » dans la partie nord du pays et  « tombé » et « yombé » dans la partie sud du pays. Embouteillée, sa fermentation est rapide. Elle accélère la teneur en alcool avec un fort dégagement gazeux. Des modes de conservation existent. Ils sont basés sur les savoirs locaux qui consistent à immerger les graines de Garcinia kola ou de Garcinia lucidadans les récipients que contient le vin. Ce qui du coup modifie les qualités organoleptiques du vin;

Les utilisations énumérées plus haut ne sont pas effectives. Les produits dérivés du palmier raphia sont très nombreux. Son importance doit être considérée aussi bien au niveau de son utilisation, de la substance jusqu'aux niveaux commerciaux.

Au stade actuel nous ne pouvons pas parler de sa surexploitation compte tenu de son mode de reproduction par drageon ou rejet qui lui donne son caractère pérenne. Toutefois nous pouvons améliorer le matériel végétal en vue d'une production plus soutenue et qualitative.

L'amélioration du matériel végétal passe par la sélection des variétés les plus performantes au niveau des pépinières et le repiquage des jeunes pousses sur l'aire de reproduction des palmiers hétérosis. Aussi gagnerons-nous en productivité et qualité.

Le Gnetum, « Koko » en lingala et « mfumbua » en kituba est une plante spontanée à feuilles comestibles, présente dans presque tous les départements du Congo. Il s'agit là des feuilles-légumes sauvages très prisées par différentes couches de la population congolaise, et dont les signes tangibles de raréfaction sont visibles dans certains départements. Les causes principales étant la surexploitation, l'utilisation des méthodes de récolte non durables, la destruction de l'habitat et les cultures sur brullis.

Cet état de fait montre l'urgence d'envisager des programmes de domestication de Gnetum dans les zones où la dégradation de la ressource se pose en vue de leur pérennisation.


Expériences de domestication de Gnetum (Koko en Lingala ou Mfumbua en Kituba) .

Les expériences de domestication de Gnetum et de mise en champ initiées dans les sous-préfectures d'Abala et de Madingo-kayes à travers le projet GCP/RAF/441/GER « Renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique centrale à travers la gestion durable de PFNL » (2009-2012) étant concluantes ; ces acquis doivent être consolidés et capitalisés au niveau de tout le territoire national où des pépinières de domestication de Gnetum s'avèrent nécessaires.

Un autre PFNL dont l'impact socio économique est indéniable, sont les fruits comestibles de Grewiacoriacea. Ces fruits très prisés particulièrement par les femmes sont récoltés d'un arbre pouvant mesurer de 5 m à environ 20 m de long quand il a atteint sa maturité. C'est une espèce forestière qui est localisée principalement dans le département des plateaux.

La récolte se fait actuellement et de façon systématique par l'abattage de l'arbre. Ce phénomène a eu pour conséquence la raréfaction de la ressource, qui si nous ne prenons des mesures adéquates sont menacées d'extinction. Les zones de colonisation de cette espèce se sont fortement éloignées des villages.

Dans la perspective de pérennisation de la ressource, il faut tendre vers sa domestication. Une bonne connaissance de la ressource, la maitrise de la taxonomie, de l'écologie et de l'anatomie physiologiques de l'espèceest nécessaire. Et pour cela, les instituts de recherche forestiers, l'Université (faculté des sciences, Institut de Développement rural) devraient être impliqués dans la réalisation de cet objectif. Il doit être envisagé également des stratégies appropriées d'aménagement, en vue d'assurerl'exploitation durable et équitable de la ressource.

De façon pratique, plusieurs acteurs contribuent à la valorisation de ces différents PFNL. Il s'agit des partenaires au développement (récolteurs, collecteurs, transporteurs, vendeurs, transformateurs), la société civile, les institutions nationales de recherche (CERVE), Ministère de l'Enseignement supérieur (Institut de Développement Rural, Faculté des sciences), les ONG et associations.

Dans le volet concernant spécifiquement la transformation, nous noterons l'activisme de quelques opérateurs économiques majeurs qui excellent dans ce domaine. Il s'agit de: 

  • Espace Créateur de Homb Marguerite, qui oriente ses activités principalement dans la valorisation du Moringa (Moringaoleifera) ;
  • Délices – Coopérative – Traiteur  (DELCOOP-T) de Marianne Siannard G.,  Présidente, qui s'oriente vers la production des jus embouteillés obtenus à base de fruits sauvages, tels : (Grewiacoricea, Clitandracymulosa, Aframomum sp.) ;
  • Congolaise d'Apiculture Hexagonale du Général Philippe Longonda, Directeur gérant, qui se spécialise dans la production de miel et de vin embouteillé produit à base de miel « le Douma » ;
  • Paterne DibantsaMbemba qui se spécialise dans l'embouteillage de la sève du palmier à huile « elaeis « Tsamba. »

Ces essais de transformation sont encourageants mais encore très faibles, car l'une des clés du succès dans les entreprises de PFNL consiste à ajouter de la valeur à la ressource non ligneuse par le biais d'une transformation locale, en sorte que les communautés puissent y tirer le plus grand bénéfice.

En effet, en dépit de leur importance socioéconomique, les PFNL sont faiblement valorisés à cause de notresavoir-faire très limité des techniques de transformation ou par absence d'appui financier adéquatauprès des transformateurs déjà entreprenants sur le terrain pour la création des petites entreprises des PFNL.

L'accès à ces innovations techniques de transformation des PFNL permettra de répondre aux besoins des consommateurs, de favoriser la création d'emplois depuis les zones de production jusqu'aux sites abritant les unités de production.

La création d'un fonds de soutien pour appuyer les innovations technologiques de transformation dans les filières des PFNL identifiées est nécessaire pour pérenniser l'accès des produits sur le marché, tant au niveau local, national que international.

En conclusion, le processus de valorisation des PFNL devrait concourir à deux approches complémentaires, que sont : 

  • La domestication ;
  • La transformation ; 

Domestication

Nos forêts regorgent une diversité biologique importante dont les PFNL occupent une place de choix. Ces produits jouent un rôle prépondérant sur le plan alimentaire, artisanal, médicinal et socioéconomique. 

Cependant, certains à cause de leur valeur économique font l'objet d'une pression anthropique très forte, au point de menacer leur survie. Des mesures de gestion durable existent, telles préconisées dans le code forestier, à savoir : 

  • La limitation des prélèvements ;
  • l'interdiction de certaines méthodes ou zones de récolte ;
  • la domestication et la création de collections vivantes.

De ces différentes mesures à envisager, la mesure la moins pénalisante pour les populations locales vivant dans les zones où les problèmes de raréfaction, de menace d'extinction de la ressource se posent reste la domestication.

Une expérience réussie du genre a été initiée sur le Gnetum dans les sites piloted'Abala et de Madingo-Kayes respectivement dans les départements des Plateaux et du kouilou à travers le projetGCP/RAF/441/GER (2009-2012) « Renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique Centrale à travers la gestion durable des PFNL. »

La transformation 

La transformation aura pour avantage, non pas une meilleure conservation de la ressource transformée mais de créer de la valeur ajoutée et d'améliorer les conditions sanitaires. 

Le potentiel des PFNL pouvant nécessiter une transformation existe, tels :

Les asperges (Dioscorealiebrechtsiana, Ancystrophyllumsecundiflorum), le Grewia, les fruits sauvages (Clitandracymulosa, Aframomum spp), le péké (Irvingiagabonensis), les sèves (Raphia spp.), le koko (Gnetum spp.), les rotins (Lacoospermasecundiflorum), le miel, les huiles essentielles, etc.

Quelques actions essentielles sont à réunir pour tendre vers cet objectif : 

  • recenser les acteurs au développement impliqués dans les PFNL ;
  • organiser les principales filières des PFNL ;
  • s'imprégner du savoir-faire ou procédés traditionnels de transformation existants ;
  • procéder à un diagnostic technique, organisationnel et commercial pouvant découler à leur mise en œuvre ;
  • recenser les cabinets d'étude spécialisés, centres ou instituts de recherche orientés sur les innovations technologiques de transformation ;
  • recenser l'expertise disponible dans la domestication ;
  • évaluer les besoins ou attentes des acteurs au développement impliqués dans les filières des PFNL ;
  • évaluer le coût financier estimatif découlant de la mise en œuvre des projets à mettre en place.

Le fonctionnement durable des filières des PFNL, la gestion durable de la ressource et la mise en œuvre de l'Economie verte passe en réunissant tant soit peu toutes ces conditions.

 

Pierre BONAZEBI

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