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Discours & Allocutions
22.11.2016

Allocution d'ouverture de Madame Rosalie MATONDO, Ministre de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l’Environnement

L’atelier de sensibilisation des parlementaires sur le processus de mise en œuvre du protocole de Nagoya relatif à l’accès aux ressources génétique et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Brazzaville, le 20 octobre 2016


La Ministre MATONDO entouré des parlementaires IBINDA et NDINGA MAKANDA à l'ouverture de l'atelier

 

Vénérable Premier Secrétaire du Sénat ; 

Honorable Premier Secrétaire de l’Assemblée Nationale ;

Vénérables Sénateurs ;

Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Cabinet ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Je vous remercie sincèrement pour l’intérêt que vous portez aux problématiques dont nous avons la charge et je tiens à vous rendre un hommage mérité du fait de votre présence massive à cette rencontre.

Il me plait, en cette circonstance de vous dire combien je me réjouis d’être parmi vous, pour partager et vous informer sur les engagements pris par notre pays, au niveau national et international, dans le cadre de la préservation de l’environnement et la conservation des ressources génétiques, qui du reste sont menacées.

Vénérables Sénateurs ;

Honorables Députés ;

Il n’est plus à démontrer que vous êtes les témoins privilégiés au fil des temps de ces engagements pris et que vous êtes les acteurs du vote des lois et  de la ratification de nombreux traités et conventions internationales signés et ratifiés par notre pays. Pour preuves, nous pouvons citer votre accompagnement pour la ratification des deux protocoles : la Convention sur la biodiversité en juin 1996 et le protocole de Nagoya en septembre 2011 qui font l’objet de notre rencontre ce jour.

Vénérables Sénateurs ;

Honorable Députés ;

Mesdames et Messieurs ;

Comme vous le savez, le climat change, le monde change aussi et il y a urgence. Le siècle dernier, le cri d’alarme au Sommet de la Terre à Rio, en 1992, a permis à l’humanité toute entière de comprendre les dangers qu’encourt notre planète du fait du réchauffement climatique et des menaces de ce changement sur la Diversité Biologique. Dès cet instant, de nombreuses initiatives ont été lancées et l’impulsion a été donnée pour la pratique du développement durable.

Ces préoccupations majeures de la communauté internationale, ont suscité le besoin d’une action concertée et inclusive, qui a engagé tout citoyen du monde, et a aboutit à la signature et la ratification de plusieurs traités et conventions qui devaient permettre une prise de conscience générale et la mise en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation aux effets liés aux changements climatiques.

C’est dans ce sens que la Convention sur la Diversité Biologique marquait la prise de conscience internationale du phénomène d’érosion des gènes, caractérisée, entre autres, par (i) le rythme inquiétant d’extinction des espèces, (ii) l’appauvrissement de leur patrimoine génétique et (iii) l’altération ou la disparition de certains écosystèmes.

Cette Convention sur la Diversité Biologique visait trois objectifs, à savoir : la convention de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.

Concernant ce dernier objectif, les négociations entreprises à la 10e Conférence des Parties de cette Convention, tenue à Nagoya, au Japon, en 2010, par la communauté internationale ont abouti à l’adoption d’un instrument juridique contraignant, dit Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation.

De nouvelles perspectives s’ouvraient ainsi aux dépositaires des savoirs locaux que sont les communautés locales et autochtones, dans le cadre de la prise en charge de leurs intérêts.

Le processus de mise en œuvre des dispositions du Protocole de Nagoya au niveau national, a conduit à l’élaboration de la stratégie nationale y relative, ainsi qu’à un plan d’actions, dont la publication est imminente. L’élaboration des textes réglementaires est en cours de finalisation, de même que l’identification, la sensibilisation et la formation des parties prenantes.

Vénérables Sénateurs ;

Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs ;

Nous voulons également profiter de cette tribune pour attirer votre attention du fait que malgré les efforts entrepris par notre pays pour la préservation de l’environnement, de nombreuses menaces planent encore autour de nos ressources naturelles du fait : 

  • du non respect des dispositions légales et règlementaires en vigueur en matière de gestion durable des ressources naturelles ;
  • de l’exploitation illégale et le commerce illicite des espèces de faune et flore ;
  • de la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis ;
  • de l’extension anarchique des villes, et 
  • du fait tout simplement du réchauffement climatique.

C’est dans cette optique que la présente rencontre a été initiée afin que les populations des différentes localités de notre pays, par le biais de leurs représentants que vous êtes, soient édifiées sur les enjeux liés à la conservation et la valorisation de la biodiversité sur leurs terroirs respectifs, notamment sur les dispositions contenues dans le Protocole.

La présente rencontre est aussi l’occasion d’échanger sur d’autres thématiques prégnantes du moment,  tel que le processus de  réduction des émissions de gaz à effet de serre due à la déforestation et à la dégradation forestière, en sigle REDD+, les changements climatiques et les Objectifs de Développement Durable, en sigle ODD.

Vénérables Sénateurs ;

 Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs ;

Comme nous le savons tous, les changements climatiques ont de nombreux effets néfastes sur le plan socioéconomique et biophysique.

A titre d’illustration, on peut évoquer la baisse des rendements pour les cultures vivrières, les pâturages, les forêts et l’élevage, avec à la clé l’aggravation de l’insécurité alimentaire, ainsi que de la hausse de température et de l’augmentation du niveau de la mer qui est à l’origine des érosions côtières, occasionnant ainsi le déplacement des populations, dont les corollaires sont la famine, la rupture de la scolarité des enfants, la prolifération des maladies infectieuses, et j’en passe.

Au Congo, les observations de ces dernières décennies montrent que les effets du changement climatique sur les écosystèmes sont perceptibles. Ils se traduisent par les inondations récurrentes dans la plaine alluviale, ainsi que par la modification des saisons et les fréquents déficits hydriques dans la vallée du Niari. On note également l’érosion côtière, notamment dans la baie de Loango et ses environs, l’ensablement aggravé du fleuve Congo, l’invasion des cours d’eau, la fougère aquatique et la jacinthe d’eau, l’assèchement des bassins-versants, pour ne citer que ceux-là.

Au plan agricole, des indices probants de décalage du cycle pluviométrique sont observés, ainsi que la perturbation du cycle végétatif et les modifications phrénologiques chez certaines plantes telles que le manguier et l’arachide. 

C’est donc maintenant qu’il faut agir, on ne peut pas se permettre d’attendre. Il s’agit de prôner d’autres modes de développement et de consommation afin que les ressources naturelles utilisées par les générations actuelles soient également disponibles pour les générations futures.

Vénérables Sénateurs ;

Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs ;

L’un des grands défis du siècle présent auquel l’humanité fait face, est l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes.

Comme vous le savez, l’année 2015 a marqué la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), dont la mise en œuvre n’a pas produit des résultats à la hauteur des attentes de la communauté internationale.

Ainsi, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté en septembre 2015, le programme de développement à l’horizon 2030. Les objectifs de développement durable constituent le cœur de ce programme qui insiste à ce que personne ne soit laissé pour compte.

Les dix-sept objectifs de développement durable et les cent soixante-neuf cibles de ce nouveau programme universel s’inscrivent dans le prolongement des objectifs du Millénaire pour le développement et visent l’amélioration du bien-être des humains.

Dans le but de promouvoir un développement harmonieux, basé sur la gestion rationnelle des ressources naturelles, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique et la prise en considération des dimensions environnementale et sociale dans les plans et les politiques économiques, le Congo a adopté au mois de juillet 2015, sa politique et sa stratégie nationale de développement durable qui intègrent les principaux objectifs de développement durable.

Ces Objectifs, définis au niveau mondial, intègrent bel et bien les principales priorités contenues dans le projet de société du Président de la République, « La marche vers le développement », qu’il nous faut alors internaliser.

A travers le processus REDD+, le Gouvernement s’est engagé à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, à assurer la conservation des ressources naturelles et promouvoir les puits de carbone à travers le reboisement.

Les efforts entrepris par notre pays pour la conduite du mécanisme nous a permis désormais d’être passé de la phase I de  préparation vers la phase II liée aux financements des projets.

En effet, il s’agit de promouvoir les objectifs à long terme de conservation d’utilisation durable et de bien-être socio-économique grâce à des mesures d’incitation relatives au commerce, au marché et à l’utilisation des technologies modernes, en même temps qu’il faut élaborer des mécanismes juridiques et politiques visant à donner une réalité pratique au concept d’Accès et de Partage des Avantages.

Le partage des avantages concerne également les bénéfices non carbones générés dans la réalisation des projets découlant de la REDD+. Les outils finalisés ou en cours de finalisation serviront de socle pour la mise en œuvre de la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation forestière.

Vénérable Premier  Secrétaire du Sénat ;

Honorable Premier Secrétaire de l’Assemblée Nationale;

Vénérables Sénateurs ;

Honorable Députés ;

En  votre qualité d’élus  nationaux, vous assurez à la fois les rôles (i) d’interface entre les communautés de base et les institutions publiques du point de vue de la compréhension du mécanisme relatif à l’Accès aux ressources et le Partage des Avantages, communément désigné sous le sigle APA ; (ii) d’accompagnement des communautés autochtones et locales en les impliquant dans les négociations des contrats de partage des avantages ; (iii) d’organe de veille pour une meilleure exploitation de nos ressources naturelles.

A ce titre, votre rôle de relais dans la sensibilisation des communautés n’est plus à démontrer. J’aimerais donc très respectueusement vous y convier une fois de plus, afin que nos communautés locales et autochtones s’adaptent aux effets de changements climatiques et revisitent leurs modes de production traditionnels, émissifs des gaz à effets de serre.

Avant de terminer mon propos, je voudrais remercier les partenaires techniques et financiers qui ont bien voulu apporter leur appui multiforme à l’organisation du présent atelier.

Sur ce, je déclare ouvert, l’atelier de sensibilisation des parlementaires sur le processus de mise en œuvre du Protocole de Nagoya, sur la REDD+ et sur les Objectifs de Développement Durable.

Je vous remercie.


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